Budget des lycées : le compte n’y est toujours pas !
La détérioration des bâtis fait partie des revendications des lycéens. Cela fait plusieurs années que les personnels se mobilisent et font des motions en conseil d’administration pour : signaler des fenêtres qui ne ferment pas ou ne s’ouvrent pas, le manque de stores, des VMC qui dysfonctionnent, des fuites dues à des canalisations vétustes ou à des toits qui laissent passer la pluie, et pour demander à la Région d’engager diverses réparations, de mettre en œuvre l’isolation des bâtiments pour lutter et contre la chaleur et contre le froid dans les classes…
La Région a peut être engagé un certain budget pour la construction de lycées comme le lycée international de Vincennes ou la construction de bâtiments à Chérioux de Vitry, mais le suivi des travaux n’est pas bon. Le premier a vu son ouverture repoussée d’un an et pour le deuxième, les personnels ont dû se mobiliser pour des problèmes de malfaçons et de sécurité (https://www.94.cgteduc.fr/site1/au-lycee-adolphe-cherioux-de-vitry-la-colere-de-la-communaute-scolaire-face-aux-travaux-catastrophiques-menes-par-la-region-idf/)
Si dans d’autres établissements des réparations ont été faites, ce ne sont que quelques rustines et certains lycées attendent toujours la mise en place de stores.
Continuité de la politique austéritaire : refusons cette logique !
Cette année, au CIAEN (Conseil Interacadémique de l’Education Nationale) du 14 septembre, la Région a présenté la DGFL (Dotation Globale de Fonctionnement des Lycées) sans modification de ses critères de calcul depuis 2021, ce qui ne prend pas en compte l’inflation (à part en 2024 où les DGFL ont été augmentées de 3,5%, l’inflation était de 6%).
Comme tous les ans depuis 2012, elle prélève 2% sur ces DGFL pour abonder un fond commun mutualisé afin d’accorder à des établissements des avances (pas des dons) pour réaliser des travaux ou acquérir de l’équipement nécessaire à leur bon fonctionnement. De plus, elle prélève 7% de la DGFL des établissements dont le fond de roulement dépasse 5 mois, elle empêche ainsi les établissements de pallier à ses manques ou de planifier des investissements conséquents. Cette année, 7 établissements sont concernés dans le 94 : Gabriel Péri à Champigny, Schuman à Charenton, Jean Macé de Choisy, Michelet à Fontenay, Paul Bert à Maisons-Alfort, Louis Armand à Nogent et Montaleau à Sucy-en-Brie.
Aucun bilan de l’usage de ce fond de mutualisation n’a été présenté pour l’année 2026, ni la somme qui est créditée dessus.
La Région doit absolument engager un budget conséquent pour répondre à nos besoins, et donner à nos élèves des conditions de vie respectueuses et dignes. Nous souhaitons pouvoir enseigner sereinement afin de leur permettre une émancipation, immédiate et à long terme, en les aidant à se construire et être acteur-trices de leur formation.
Dans les établissements, les Conseil d’administration budgétaires auront lieu ces prochaines semaines. Il faudra en profiter pour présenter des motions faisant état des manques et des travaux nécessaires, et demander que les barèmes établis en 2021 soient augmentés au regard de l’inflation.
La Région détermine la DGFL des établissements selon certaines règles établies en 2021 et basées sur les effectifs, les enseignements de l’établissement, la surface de l’établissement et une dotation de solidarité en fonction des IPS (Indice de Position Sociale) des élèves (mais ne donne aucun détail sur ces paramètres).
Dans le cadre de l’autonomie des établissements, c’est le CA qui décide de la répartition de la DGFL dans les différents chapitres. Le chef d’établissement met au vote une répartition. Si les documents joints ne correspondent pas à la réalité de l’établissement, il faudra contester cette DGFL et demander quels sont les effectifs, les enseignements de l’établissement, la surface de l’établissement prise en compte et si l’établissement bénéficie d’une dotation de solidarité et à quelle hauteur.
Enfin, une dotation spécifique est attribuée pour les contrôles techniques et d’entretien obligatoires (c’est à l’établissement de les mettre en œuvre, il est nécessaire de vérifier qu’ils seront faits, quitte à demander que la CHS soit réunie).
Que voter au CA ?
• Voter pour, c’est accepter cette DGFL et sa répartition présentée par le chef d’établissement dans les différents chapitres ;
• S’abstenir, c’est marquer une forme d’opposition, sans risquer une mise sous tutelle ;
• Voter contre et faire voter une demande d’augmentation et/ou faire voter une autre répartition. Une commission Rectorat-Région devra alors se réunir pour définir la DGFL. En attendant, l’établissement recevra une dotation mois par mois.
Dans tous les cas, il est bon de faire voter un vœu et une lettre à la Région qui pourra si besoin :
• Contester les paramètres formation et surface ;
• Demander si l’établissement bénéficie d’une dotation de solidarité, sur quelles bases et quelle est sa valeur ;
• Demander une augmentation des barèmes pour tenir compte de l’inflation depuis 2021 ;
• Demander un renouvellement régulier des ordinateurs fixes de l’établissement, et de l’ensemble du matériel informatique et numérique nécessaire ;
• Faire la liste des dégradations de structure de l’établissement (fuites, fenêtres, moisissures…)
Dans tous les cas, n’hésite pas à nous faire parvenir la motion en question, et à te tourner vers le syndicat pour tout conseil, accompagnement ou mobilisation sur ces problématiques budgétaires, en écrivant à 94@cgteduc.fr.
